Débat sur les débats

Débat sur les débats

Compte rendu ultra-subjectif sur un sujet ultra-polémique (enfin d’après moi)


Le débat sur les débats aurait dû se faire avant l'arrivée de tout le monde; mais on s’est plutôt concentré-es sur tous les points logistiques de dernière minute, ce qui fait que voilà on en parle là maintenant et ça non plus c’est pas anodin ! D’un coté ça tombe «bien» parce que comme ça cette préoccupation est mieux répartie (ce n’est plus l’affaire de seulement quelques spécialistes que le « comment » intéressent autant que le « quoi »). D’un autre coté ça tombe «mal» parce que y’en a que ça énerve de parler des mots alors qu’on n'a pas encore commencer à réfléchir ensemble… Bon, le tout c’est de prendre conscience du fait que dans une perspective non autoritaire, il est nécessaire en même temps qu’on débat d’explorer comment on le fait !


Expérimenter des rencontres !


D’abord on a voulu souligner le fait qu’on pouvait expérimenter plein de formes de rencontres.

Un cadre comme celui d’une semaine de rencontres A.M.P est idéal pour déterminer ensemble horizontalement la façon dont on se rencontre tout en l’analysant et en la critiquant et en inventant de nouvelles formes de fonctionnement non-autoritaires…

C'est essentiel de trouver des formes adapté-es au fond, aux objectifs d'une rencontre: la prise de parole ne sera pas la même selon qu'on partage des savoirs, ou un vécu personnel, ou qu'on veut explorer nos comportements,nos fonctionnements collectifs ou toutes les nuances, toute la complexité d'une question ou qu'on veut faire un débat de fond,confronter des positions théoriques et pratiques ou plutôt préparer des actions communes...


Là pour se donner un avant-goût de ce qui est possible: on s'est proposé-es d'explorer succinctement quelques formes de débat, une toute les vingt minutes, en commençant par un cercle « informel » autour d'un grand feu.


En plaçant ces rencontres sous le signe de l’expérimental, on a supposé que ça pourrait :


Il n'y aura pas de débat sur « le débat sur les débats » parce que c'est pas la peine... :)

Lorsqu'on choisit une forme (comme lorsqu'on s'accorde sur une règle de jeux ), il faut lui laisser sa chance, ne pas la condamner trop rapidement sur la base d'a-priori négatifs.


Maintenant asseyons nous dans un dôme et explorons, analysons et critiquons la forme la plus en usage dans les conférence A.M.P (un-e modérateur-ice (1), un-e preneur-euse de notes (2), un-e donneur-euse de tour de parole (3), un-e gardien-ne du temps (4)... et tous les signes manuels qui vont avec (5)...)

(1) ille se préoccupe du bon déroulement de la réunion, qu'on reste bien dans le sujet voire dans l'ordre du jour qu'on s'est donné au départ, fait des petites synthèses quand c'est necessaire, s'assure que personne n'est paumé et connait les "règles du jeu"...                                                                          (2) note ce qui se dit, les idées développées, les décisions prises, les engagements de chacun-e pour après la réunion...le compte-rendu sera ensuite disponible pour tout le monde.                                                               (3) comme son nom l'indique...                                                                         (4) se préoccupe de la durée décidée en amont pour cette réunion, et intervient si on s'attarde trop sur un sujet, pour que tous les points à l'ordre du jour puissent être traités, ou vers la fin pour rappeler le temps restant.        (5) par exemple, agiter une ou les deux mains pour signifier l'accord, lever les deux index pour demander une réponse directe, faire un L avec une main pour une demande de traduction ou d'éclaircissement, faire un T avec les deux mains pour demander une "pause technique"...


Pourquoi se donner des règles ?

Le fait de se donner des règles de fonctionnements et/ou de discussions c’est une façon de questionner nos manières de communiquer, de vivre ensemble…

C’est entre autre pour éviter de partir sur des contrats tacites qui laissent la place à toutes les formes de dominations implicites.On considère que les formes soit disant « informelles » ne sont que des formalités inavouées (et le plus souvent totalitaires)…

Oui mais:


On tente maintenant de creuser la question sous la forme des « spoke council » (en petits groupes puis retour en pleinière par un-e représentant-e assisté de son groupe)


Chasser le « naturel » (...)

Le formalisme est un outil pour favoriser l'auto-organisation horizontale qui peut/doit sans cesse être remis en question.

Si on savait « spontanément » s’écouter, clarifier nos positions, permettre à tous-tes de s’exprimer, se relayer, comprendre les enjeux d’une discussion et se donner les moyens d’y parvenir… alors oui, c’est vrai qu’on n'aurait certainement pas besoin de déterminer quoi que ce soit avant de se parler… ça se ferait « naturellement »

Mais justement y a rien de « naturel » ! C’est comme « Dieu » ou « le Vrai » : mon interprétation va être différente selon ma culture, ma position…etc. Le « naturel » c’est un argument pour figer des rapports de pouvoir ! On assume qu'une discussion, c'est artificiel, et c'est justement l'occasion de déplacer nos réflexes, de se mettre sur un terrain toujours inhabituel: celui de la rencontre avec l'autre (souvent fortement conditionnée et parfois rendue impossible par les habitudes, les préjugés, les antécédents et les projections).


Paradoxe de l'organisation collective.

On notera au passage qu'en ayant pratiqué ces formes pendant un certain temps il devient facile de s'en passer tout en maintenant un haut niveau d'écoute et des positions claires.

Il y a un paradoxe apparent à utiliser un outil pour pouvoir s'en passer. Ce paradoxe est propre à de nombreuses méthodes de dé-conditionnement qui passent par un nouveau conditionnement transitoire souvent moins obscur et moins totalitaire que le premier (donc plus facilement démontable). Le formalisme sert aussi à visibiliser les pouvoirs de domination en jeux. Et comme pour tout outil collectif, il ne fonctionne vraiment que lorsque chacun-e s'en empare.


On arrête sans vraiment conclure parcequ'on est trop fatigué-es et qu'on est plus très nombreux-se...


Sur le sujet y a ces quelques incontournables brochures:

-Débats sur les débats

-La tyrannie de l'absence de structure par Jo Freeman

-La répartition des tâches entre hommes et femmes dans le travail de la conversation. (une analyse par les genres)

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