DIMANCHE MATIN : DISCUSSION "COLLECTIF/ENFANTS, COMMENT ON FAIT" C'était la fin de matinée, il faisait beau, on était assis dehors autour de la table. Y'en avait qui étaient allé se
balader sur le chemin en criant. On s'est aussi badijonné
avec du maquillage doré (et soit dit en passant, à une
exception prêt, j'ai bien vu que c'était que des filles quis'en étaient mis sur la tronche. bon.) ----------------------DE QUOI VA-T-ON POUVOIR PARLER?Proposition d'explorer les axes suivants:- relations enfants/collectif au quotidien. Comment c'est dur? comment çamarche?- relations enfants/collectif dans les moments ponctuels, lesmobilisations, etc. Et comment former un groupe de sensibilisation à ça.- et le collectif idéal pour travailler sur ces enjeux là, ce serait quoi? Ou pour le synthétiser autrement, deux objectifs s'entremêlent:- fabriquer des outils à partager avec d'autres.- définir ce qui nous conviendrait à nous. Remarque: baheuh de mon côté, mon expérience en collecif me donne parfoisenvie de vivre seulE avec ma gaminE. plouf. ----------------------TROUVONS UN MOYEN DE DEMARRER AVEC TOUT çAPour démarrer nous avons chacunE rédigé une ou plusieurs questions sur desbouts de papier; une personne tire au hasard une question et reformulece qu'elle en comprend (la personne qui a écrit cette question ne doit pas
intervenir pour rectifier), puis on en discute ensemble.
Voici les notes de la discussion (qui ne s'est appuyé que sur les troispremières questions), suivies de l'ensemble des questions. QUESTION 1- Quand je suis témoin d'un interaction entre un adulte et unenfant et que je trouve que l'adulte abuse de son pouvoir, est-ce que j'aile droit de me taire? Et le droit de parler? Et comment? -- Question qui dépasse les enfants, qui vise à questionner la façon dont on évolue en groupe et qui peut concerner d'autres relations privilégiées,comme les relation de couple par exemple.-- En même temps, c'est plus précis que ça: on parle ici d'unadulte-parent qui agit sur "son" enfant. Comment intervenir dans dessituations de ce type?Et ce n'est pas forcément dans la vie collective: ça peut être dans larue, n'importe où.-- Il y a la question du "comment intervenir" et du "ne rien faire". Ilfaudrait partir d'exemples concrets.Qu'est-ce que ça veut dire "ne rien faire"? Qu'est-ce que la passivité? Onpeut se positionner comme "extérieurE" mais, en même temps, ce choix peutaussi influer sur la situation (jouer le témoin passif, montrer dudésintéret, etc.)On peut finalement se taire activement, parce que ça nous semble une bonnechose à faire dans une situation donnée, et passivement, parce qu'on ne sesent pas concerné ou qu'on ne sais pas quoi faire. Ces deux dernièrespostures posent question.-- Ici se pose aussi la question du lien, du collectif. A quel point deschoses se construisent-elles entre des gens précis? Il ne s'agit alors passeulement de réagir à une situation, mais d'avoir comme projet commun dedépasser certaines situations.-- Dans des cadres collectifs, quand je suis dans une situation decolère/abus de pouvoir sur mon enfant, je trouve inadéquat que des gensinterviennent sur le moment. J'aimerais que ça se passe après, quand jesuis posée. Mais c'est compliqué si ça se passe dans des cadres formels oùça tourne au procès. Et dans l'informel, c'est difficile aussi, parcequ'on ne trouve pas souvent le bon moment de disponibilité à ça.Le temps formel où on ne se sentirait pas jugé permettrait d'entendre deschoses, mais aussi de lancer des appels . Ca peut aussi aider à voir ce quinous relie, jusqu'où nous sommes prêts à aller ensemble, dans la viecollective. Et puis ça pose la question de mes propres limites ainsi quedes envies des enfants.-- L'informel et le formel sont tout les deux nécessaires.-- Il me semble que plus il y a de formel plus il y a d'informel. C'est àdire que si on ouvre des temps "cadrés" pour en parler, on en parled'autant plus après, informellement. -- Est-ce qu'on énumère des outils? Est-ce qu'on témoigne de leurs limitesdans nos expériences? ... Les deux?-- Ce qui serait intéressant dans ces moments-là, ce serait d'explorer lescroyances du "comment il faut se comporter" en partant de situationsconcrètes. Parvenir à questionner ces choses de façon dépassionnée, commepar exemple pour l'histoire de ce matin, du "drame " pour "mettre leschaussettes".-- Mais c'est une question de confiance (la "confiance",éthymologiquement, ça vient de "fiancer avec"): les liens sont vraimentdifférents entre des gens qui vivent ensemble ou non. C'est ce quim'inhibe la plupart du temps quand je suis témoin de situations avec despersonnes que je connais pas ou moins ou peu: le fait de ne pas avoirconfiance dans l'intensité de ce qui est partagé. Par exemple, je ne vaispas intervenir dans la rue avec des gens que je ne connais pas parce queje ne sais pas ce qui va se passer après. Je laisse souvent les parentsfaire (ou plus largement les adultes qui vivent avec lui), parce que je medis qu'ils connaissent mieux que moi les besoins de "leur" enfant, qu'ilsavent mieux le comprendre ou je ne sais quoi.-- Ce qui n'empêche pas que parfois on intervienne aussi, parce quel'injustice nous semble trop forte, ou qu'on a l'impression d'avoir unepiste à proposer et qu'on tente le coup/qu'on essaie d'aider, de montrerun solidarité, de créer une confiance. Une fois de plus, ce n'est pas unequestion propre aux rapports parents/adultes/enfants, mais à tous lesrapports de pouvoir qui se jouent hors et dans les relation"privilégiées". QUESTION 2- Et si on se racontait des moments où on s'est dit "wahou! làça marche bien!" (sous-entendu dans les "rapports", liens entre lesgens...) (si ça existe...) -- ça se passe de toute façon mieux pour moi si c'est discuté, mais lesconditions pour que ça se passe bien... QUESTION 3- En vrai (?) (je veux dire en ce moment, notre génération,notre époque, etc.), on ne "fait" pas les enfants ensemble... Par contreon a envie de vivre ensemble (sous-entendu pas toutes seulEs dans leghetto-famille).Quels outils concrets on se donne pour dépasser les "rapports", les"rôles", liés au fait de "faire" des enfants dans les temps de viecollective (et faudrait préciser ces temps: un week-end, un été, unecaravane, un campement... et les divers enjeux collectifs et perso qui endécoulent..) -- Les enfants sont "faits" par quelques personnes, type famille. Et puissurvient, ou existe par ailleurs, l'envie de vivre à plus nombreusEs.Comment on passe de la famille au "plus", avec "nos" enfants?-- Que met-on aussi en place pour que les enfants trouvent leur autonomiedans cet espace?-- Il y a en tout cas des différences selon l'âge des enfants.-- Le temps passé ensemble est très important, dans la relation qui secrée entre les personnes.Que faire dans la durée dans un cadre collectif? Quelle duréepossible/espérée pour un collectif? Comment envisager les ruptures?On met souvent de côté la dépendance matérielle, affective entre enfantset adultes, quand ça se passe au delà des "contrat visibles" (typeparenté). Comment se construisent les départs, les abondons, les besoinsdans ces situations? la encore, ça peut concerner des relation entre toustypes de personnes.-- Il faudrait revenir aux expériences de vie collective où les parents nesont pas connus, où illEs ont mis en place les choses différemment. ... Et euh oui, là, on se mettait du doré partout et on avait faim, et enmême temps, on discutait à fond. Alors j'ai pris moins assiduement lesnotes qu'au début. C'est fini. ----------------------TOUTES LES QUESTIONS1- Quand je suis témoin d'une interaction entre un adulte et un enfant etque je trouve que l'adulte abuse de son pouvoir, est-ce que j'ai le droitde me taire? Et le droit de parler? Et comment?2- Et si on se racontait des moments où on s'est dit "wahou! là ça marchebien!" (sous-entendu dans les "rapports", liens entre les gens...) (si çaexiste...)3- En vrai (?) (je veux dire en ce moment, notre génération, notre époque,etc.), on ne "fait" pas les enfants ensemble... Par contre on a envie devivre ensemble (sous-entendu pas toutes seulEs dans le ghetto-famille).Quels outils concrets on se donne pour dépasser les "rapports", les"rôles", liés au fait de "faire" des enfants dans les temps de viecolective (et faudrait préciser ces temps: un week-end, un été, unecaravane, un campement... et les divers enjeux collectifs et persos qui endécoulent..)4- Où commence, où s'arrête l'accompagnement collectif des enfants ausein d'un groupe? (au delà du cadre légal, dans la gestion de la viequotidienne et la gestion des affects)?5- Comment trouve-t-on un équilibre dans la prise en charge collective desenfants, avec la double contrainte: 1/ certaines personnes du collectif ontmoins d'envie et de disponibilité pour cela 2/ plus de demandes/besoinsdes enfants envers leurs parents?6- Est-ce que je voudrais vivre en collectif pour vivre aussi avec desenfants? Ou est-ce que je voudrais des enfants parce que c'est ça uncollectif (aussi)?7-Comment vaincre le tabou de la thématique de l'enfance au sein del'enfance? Comment faire entendre qu'il existe des façons de fonctionnerautres que celles qu'on connaît déjà? (déscolarisation, déconstruction durôle de parents)?
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